Griot.te.s du futur

Extrait de la discussion du jeudi 4 février 2021 avec Bocar NIANG, griot et artiste sénégalais. GRIOT.TES DU FUTUR 📽🎞https://drive.google.com/file/d/1jb0587NXTvc1xNK4sSqSw4Xg8UxbDm5N/view?usp=sharing

Rencontre avec BOCAR NIANG sur Zoom Griot et artiste jeudi 4 février 2021 à 18h30

Griot et artiste jeudi 4 février 2021 à 18h30

Avec le soutien de la DRAC Ile de France » et en collaboration avec La Maison des Langues,
bureau des heures invisibles vous invite à une rencontre avec

BOCAR NIANG, GRIOT ET ARTISTE

Quelle est la place de l’oralité dans notre patrimoine immatériel ? Dans le cadre des Jeudis des Langues, la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers et le bureau des heures invisibles accueillent l’artiste et griot Bocar Niang, le jeudi 4 février à partir de 18h30 pour une rencontre par visioconférence. 
A cette occasion, et dans le cadre de sa résidence avec le bhi, Bocar Niang réalisera une performance sur le mode griot ou asko en Toucouleur. Il parlera ensuite de cette pratique d’Afrique subsaharienne de 1960 à nos jours, et en particulier au Sénégal, avec Gora Diouf, professeur et spécialiste d’art oratoire à Dakar.
Kàddu signifie parole en wolof. La parole et sa transmission sont au coeur de la pratique griotte. Bocar Niang est issu d’une lignée de griots de plus de trois siècles, il est griot maternel et paternel. Dans sa pratique artistique, il met l’accent sur l’écriture créative et la performance. Il revisite le corpus traditionnel qui lui a été enseigné par ses parents pour le confronter aux problématiques les plus contemporaines. Il est porteur du projet du musée griot au Sénégal à Tambacounda, sa ville d’origine.
Ceci s’inscrit dans une série d’évènements co-produits par le bureau des heures invisibles et la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers. Il est le premier volet d’une conversation avec Bocar qui se poursuivra par un autre évènement zoom le 28 février prochain, en direct de Tambacounda, Sénégal vers 18h30, à l’heure du coucher du soleil.

Bocar Niang est né en 1987 à Tambacounda au Sénégal. Orateur, écrivain, performeur,
vidéaste, il a réalisé́ un master en arts et cultures à l’Université́ Cheikh Anta Diop de Dakar puis
à l’Ecole nationale supérieure d’art de Paris-Cergy, où il a eu l’occasion de contribuer à des
workshops et séminaires avec Clémentine Deliss, et Sylvie Blocher entre autres. Il a présenté
son travail performatif au Centre Pompidou dans le cadre d’un hommage à Issa Samb, à la
Fondation Ricard, au Palais de Tokyo, et aux ateliers Médicis. Il est actuellement en résidence
de recherche au bureau des heures invisibles, Aubervilliers.

Dans le cadre de sa résidence de recherche artistique au bureau des heures invisibles,
Bocar animera une série d’ateliers autour des prénoms à la Maison des Langues et des
Cultures, au bureau des heures invisibles et d’autres espaces culturels d’Aubervilliers.
Évènements précédents: http://mlc.aubervilliers.fr/2020/09/09/les-mots-qui-nous-manquent/

En savoir plus:
Le bureau des heures invisibles est un groupe de recherche artistique dont la pratique
collaborative, fondée sur la rencontre et la conversation, confèrent aux situations qu’ils créent
‘le pouvoir de faire penser ensemble’, selon les mots de la philosophe Isabelle Stengers. En ce
moment, le b h i interroge ce que sont les conditions de possibilité d’un sentiment
d’appartenance plurielle, abordant cette question notamment à travers l’expérience de la
pluralité des langues. À ce stade de son développement, le bhi, installé récemment à la
Maladrerie à Aubervillier, s’attache à tisser des liens avec ses voisins, habitants du quartier
ainsi qu’avec les associations locales tout en proposant ateliers et conférences participatives.
Le bhi s’intéresse aux pratiques hybrides entre arts visuels, écriture performance, théorie et
pédagogie et leur place dans la co-production, la valorisation et le partage de savoirs.

Bocar Niang est né en 1987 à Tambacounda au Sénégal. Orateur, écrivain, performeur,
vidéaste, il a réalisé́ un master en arts et cultures à l’Université́ Cheikh Anta Diop de Dakar puis
à l’Ecole nationale supérieure d’art de Paris-Cergy, où il a eu l’occasion de contribuer à des
workshops et séminaires avec Clémentine Deliss, et Sylvie Blocher entre autres. Il a présenté
son travail performatif au Centre Pompidou dans le cadre d’un hommage à Issa Samb, à la
Fondation Ricard, au Palais de Tokyo, et aux ateliers Médicis. Il est actuellement en résidence
de recherche au bureau des heures invisibles, Aubervilliers.

Dans le cadre de sa résidence de recherche artistique au bureau des heures invisibles,
Bocar animera une série d’ateliers autour des prénoms à la Maison des Langues et des
Cultures, au bureau des heures invisibles et d’autres espaces culturels d’Aubervilliers.


Évènements précédents : http://mlc.aubervilliers.fr/2020/09/09/les-mots-qui-nous-manquent/

Le rap au Fort d’Aubervilliers.

Samedi 17 octobre 2020 à 14h au Fort d’Aubervilliers 174 avenue Jean Jaurès

Cheryl Ann Bolden , artiste, nous a fait découvrir les origines du rap, à partir des révoltes contre l’esclavage aux Etats-Unis au travers de tous les grands moments de luttes des communautés noires afro-américaines, jusqu’à aujourd’hui. Le rap accompagne tous les mouvements de révoltes des minorités et des banlieues. Elle nous a apporté des documents visuels et sonores remarquables, dont certains font choc : journaux de 1908, 1936, 1970, films. Le débat s’est engagé, avec des participants algéro-germano-mexico-américains.

Les mots qui nous manquent

Jeudi 15 octobre 2020 à 18 h 30 aux Laboratoires 41 rue Lécuyer à Aubervilliers – Jeudi des langue et des cultures

Quels mots, quelles expressions vous manquent quand vous passez d’une langue à l’autre?  Cette question sera l’occasion d’une conversation avec Yolande Zauberman, artiste et cinéaste dont le dernier film M vient de recevoir le César du meilleur film documentaire et l’écrivaine et chercheuse Paulina Mikol Spiechowicz, autour de leur ouvrage poétique Les Mots qui nous manquent publié en 2016 chez Calmann-Levy. Organisé en glossaire, ce texte dresse un inventaire de mots d’autres langues n’ayant pas d’équivalents en français, que les deux auteures n’ont cessé de collecter, de traduire et de faire traduire. La conversation sera animée par Amélie Mourgue d’Algue, artiste qui explore dans sa pratique artistique les dimensions “d’hospitalité” et la possibilité de repenser le “maternel” dans la langue.La structure du glossaire repose sur la trajectoire dansante de l’association libre dans le champs de l’intime. Prenant cela comme point de départ, la conversation sera également rythmée par la projection de vidéos de Yolande Zauberman et par des interventions des invités et du public.

Yolande Zauberman est une artiste pluridisciplinaire, cinéaste et écrivain qui alterne le documentaire et la fiction, le long- et le court-métrage, l’art vidéo et l’art narratif. Son cinéma investigue les zones d’ombre, brise les interdits, libère la parole et force l’écoute. Il nous confronte à des réalités maintenues sous silence. Ses films ont été sélectionnés au Festival de Cannes, à la Mostra de Venise parmi d’autres. Elle a reçu de nombreux prix pour ses oeuvres dont le Grand Prix du Festival de Paris pour son premier documentaire, Classified People (1987) sur l’apartheid en Afrique du Sud et le César 2020 du meilleur documentaire pour M, son dernier film tourné en yiddish au coeur des communautés juives orthodoxes.

Polyglotte et passionnée de philologie, Paulina Mikol Spiechowicz est poète, romancière, photographe et chercheuse en lettres et histoire de l’art. Son recueil de poèmes plurilingues, Studi sulla notte a été publié en 2011, et adapté en monologue théâtral en 2012.  Son recueil de poèmes trilingue, Intimisme a été publié en France en 2012.  En 2013, elle a soutenu une thèse de doctorat à l’École Pratique des Hautes Études sur l’analyse de l’espace et de l’architecture dans la littérature et la poésie (Ut architectura poesis. La description architecturale dans le Roland furieux de l’Arioste [1532]).

Amélie Mourgue d’Algue, artiste et écrivaine est la fondatrice du groupe de recherche bureau des heures invisibles.  Docteure en Philosophie des pratiques artistiques du Royal College of Art, elle est également diplômée de Central St Martins et Goldsmith College. Dans sa thèse intitulée Belonging in (M)other tongues soutenue en 2018, elle s’appuie sur la  fonction poétique et réflexive des mots, de la photographie et du film pour explorer la proposition que le sentiment d’appartenance est rendu possible par le passage à la parole et l’expérience d’être écouté et entendu, conduisant à repenser ce qui fait qu’une langue est maternelle.

Le bureau des heures invisibles est un groupe de recherche artistique dont la pratique collaborative, fondée sur la rencontre et la conversation, est d’imaginer et de réaliser des dispositifs qui confèrent aux situations qu’ils créent ‘le pouvoir de faire penser ensemble’, selon les mots de la philosophe Isabelle Stengers. En ce moment,  le b h i interroge ce que sont les conditions de possibilité d’un sentiment d’appartenance plurielle, abordant cette question notamment à travers l’expérience de la pluralité des langues. À ce stade de son développement, le bhi, installé récemment à la Maladrerie à Aubervillier, s’attache à tisser des liens avec ses voisins, habitants du quartier ainsi qu’avec les associations locales tout en proposant ateliers et conférences participatives.

Semaine de la francophonie 2020 : c’est vous qui l’écrivez… ou la dessinez…

à partir des 10 mots suivants : fluide – ondée – mangrove – spitant – engloutir – à vau l’eau – plouf – ruisseler – oasis – aquarelle

Juliette KOZMICK

Ce matin je vais à l’école et la journée commence en faisant de la peinture. Il y a des pinceaux et de l’aquarelle. J’ai choisi l’aquarelle. On faisait de la peinture dehors. A un moment on a entendu un gros plouf. Tout était ondée et mon dessin était fluide. Il devenait tout ruisselant et une petite oasis s’est créée.
Lara MENEGHIN SARDUY, 7 ans (CE1 )

Cracher, dit Etienne. Ça, cracher, c’est formidable. C’est un mot à deux temps. D’abord, cra-, on se racle la gorge, bien profond, bien glaireux, puis, -cher, au moment de l’expulsion, mais cette expulsion n’a plus vraiment d’importance, on ne l’entend presque pas. Ce qui est important, c’est la gorge. C’est complétement différent en anglais, spit, c’est bref, direct, droit au but, on n’entend pas le raclement de gorge, mais le crachat en l’air. Et en italien, sputare. On pourrait croire que ça ressemble à l’anglais, mais c’est pas du tout la même chose, sputare, en deux syllabes, et la seconde, qui est plus longue, porte toute la charge sonore et lexicale. Quand on me dit sputare, je vois le crachat qui arrive, qui s’étale sur le visage de l’autre. Chaque langue a sa vision du monde, c’est presque psychologique. Le français voit l’agresseur, ou l’offensé, le type en colère en tout cas, l’anglais l’action suspendue, en train de se dérouler, l’italien la victime, celui qui fait rire à ses dépens. Comment tu dis cracher en espagnol ?

Comme souvent, Léonard ne suivait qu’à moitié le discours foisonnant d’Etienne. Il eut à peine le temps de bredouiller son ignorance qu’Etienne reprenait.

– Regarde sur ton téléphone. Pour une fois que ça sera utile.

Escupir, ça ne me dit rien du tout.

– A juste titre, c’est un mot qui ne dit rien. On ne peut rien projeter là-dedans. Puis trois syllabes, c’est trop long, c’est faiblard, ça arrive épuisé. C’est un crachat de grabataire. Mon préféré, c’est spit, tout un univers en une syllabe. Ça a quand même un effet grandiose, non ? Imagine un peu « Et alors, elle le regarde droit dans les yeux et lui spitte à la gueule » ; « Monsieur le marquis, cessez donc de spitter votre fiel comme une ondée sur mon tapis persan » ; « Et il lui fit une réponse bien spittante », etc.

– Oui, mais c’est pas très pratique si chacun se fait la langue qu’il veut. Comment on peut se comprendre avec les autres ?

– Attends, Léo, tu crois qu’une langue, c’est fait pour se comprendre ? Reviens sur terre : une langue, c’est fait pour s’éclater, pour inventer, pour attaquer, pour séduire. Mallarmé, tu crois qu’il cherchait à se faire comprendre ? Et Rimbaud ?

– Oui, mais, quand même, il y a un minimum. Par exemple, si tu me parles une langue étrangère, je peux pas te comprendre, et plouf, la conversation s’arrête. Si chacun parle sa langue, c’est comme la tour de Babel, on arrête tout parce qu’on devient tous fous.

– Attends, croire qu’on parle la même langue, c’est une illusion. Toi et moi, on utilise peut-être les mêmes mots, mais on n’est pas sûr de dire la même chose. Prends un mot aussi simple que rouge, par exemple. Il y a de fortes chances que, toi et moi, on ne perçoive pas le rouge de la même façon. D’ailleurs, personne n’est d’accord quand il s’agit de décrire ce que c’est exactement que le bleu, le vert, le turquoise, le bleu vert. « Sur cette aquarelle, regardez comme la mer est d’un splendide vert émeraude » / « Ah, vous appelez ça émeraude ? Moi, je la vois plutôt turquoise ». C’est toujours comme ça, non ?

– Tiens, regarde, spittant, ça existe. En belge, ça veut dire pétillant, interrompit Léonard, qui gardait un œil sur son téléphone. En France, dans un resto, si tu demandes de l’eau spittante, on va pas forcément te comprendre.

– Ce que je veux dire, Léo, c’est que, pour parler du même fluide ruisselant qu’on se propose d’engloutir avec son repas, on peut dire de l’eau gazeuse, de l’eau pétillante¸ de l’eau spittante, de la San Pe, ou encore autre chose. On va choisir une façon de s’exprimer plutôt que d’autres, le serveur va pas forcément te comprendre, mais, comme toujours, il moulinera dans sa tête et trouvera la solution, ou il te demandera de répéter, en espérant que tu dises les choses autrement. Si la langue, ça servait à se comprendre, on n’aurait qu’un mot, pas tout un tas de possibilités.

– Oui, mais les Belges, ils comprennent le belge, les Marseillais, l’accent de Marseille…

– Arrête, Léo. D’abord, en Belgique, ils ne parlent pas le belge, mais le français. C’est la même langue, mon cher, même s’il y a des variations. Tu dirais pas que le français qu’on parle au Maroc, c’est du marocain, si ? Donc, en Belgique, on parle le français de Belgique. Et justement, le français de Belgique, c’est pas le même que le français du Maroc. Et même le français de Marseille, c’est pas celui d’Aix-en-Provence, toi et moi, on ne parle pas tout à fait la même langue, même si on est potes et qu’on se comprend à peu près. Le français, c’est mille et une langues, il y a le français des mangroves, le français des déserts, celui des oasis, celui des maquis, celui des collines, le français du 16ème et celui des banlieues. On a presque chacun le nôtre.

– Ecoute-moi, Etienne. Tu parlais de Mallarmé tout à l’heure. Toi qui es passionné de littérature, tu vas me dire. Quand on prend un alexandrin de Racine, comme « O rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! »…

– Qui d’ailleurs est de Corneille…

– Tu n’en rates pas une. Je l’ai fait exprès, imagine. Donc, quand on prend un alexandrin célèbre, de Corneille ou de Racine, tout le monde le comprend et reconnaît sa valeur. Et ça, c’est au fond la charpente, le fonds commun qui fonde la langue française, d’après toi ?

– Oui, ton idée me plaît bien, même si je ne suis pas sûr qu’elle marche à tous les coups. Sorti du contexte, « La fille de Minos et de Pasiphaé »…

– Un autre alexandrin de Corneille…

– Bien sûr. Ça ne parle peut-être pas à tous les francophones, continua Etienne. Mais, oui, la littérature, ça fonde un peu une langue commune. C’est pour ça qu’il faut lire et encore lire, cultiver la vraie littérature, pour éviter que la langue, la culture et la civilisation partent à vau l’eau.

– Et faire des alexandrins.

– Et peut-être faire des alexandrins, pourquoi pas ? concéda Etienne.

– Tiens, je me lance. Que penses-tu de :

            « Déesse des mangroves, fée des palétuviers

            Reine des oasis, où l’on voit ruisseler

            Lumières d’aquarelle en splendides ondées

            L’argent, l’émeraude, la turquoise et l’écarlate,

            Déesse, donne-nous des pensées plus spittantes. » ?

Jean-Luc BRETON 20/032020

A Venise (que j’espère retrouver bientôt même avec tous ses touristes…)

En ces temps improbables, Venise est désertée par tous ses amoureux qui ne veulent pas mourir. Mais le Grand Canal a retrouvé son vert céladon digne d’une aquarelle de Canaletto.

Seul le « plouf » enthousiaste des grands cormorans qui plongent trouble la surface de l’onde : ils pêchent des poissons qui remontent les canaux. Après cette pêche miraculeuse, ils ruissellent comme après une ondée et passent des heures, jamais dérangés, à sécher leur noir plumage juchés sur les bricole ou même sur les paline.

Seul le cri des mouettes à l’esprit spittant déchire le silence de ce qui est devenu une oasis de tranquillité. Ainsi, la mouette rieuse et le goéland argenté n’ont plus besoin de guetter les détritus abandonnés par les touristes qui s’en sont allés à vau-l’eau : des superbes daurades, mulets ou anguilles redécouvrent les canaux près des marches des palais.

Devant la Giudecca : les robes fluides de Fortuny ondoient sur les fantômes des belles Vénitiennes que l’on devine dans la brume matinale…

La Sérénissime n’est pas prête d’être engloutie : elle campe sur ses racines comme les palétuviers dans la mangrove.

Jocelyne 20/03/2020

A vau l’eau ?!?! Eh mec, c’est pas parce qu’une oasis spitante ruisselle sous une ondée qu’on va se retrouver engloutis sous la mangrove ! T’as vu ta tête ? On te croirait tout juste remonté d’un plouf dans de l’aquarelle fluide ! Anonyme 19/03/2020

C’était il y vingt ans. Au moins. Ou plus.
Je ne sais plus compter. J’ai oublié.
Parce que les jours ruissellent sans discontinuer, le dernier recouvre celui qui le précédait dans un mouvement apparemment fluide et régulier, mais en réalité si spitant qu’il faut bien s’accrocher pour ne pas se laisser engloutir.

C’était il y a à peu près vingt ans, donc. Et j’en avais justement vingt, des ans. Ou presque.
Ce jour où j’ai embarqué une petite pirogue sur le Maroni.
Rien qu’une petite balade pour la voir, elle, la Fameuse, la Mystérieuse, l’Inquiétante. Celle dont le nom m’avait suffi pour concevoir malgré moi des images floues et mouvantes, depuis toute petite. Je l’ai donc aperçue ce jour-là, enfin, cette « Mangrove ». Je l’ai même touchée. Et de mouvante, elle est venue se figer dans ma tête, directement au cœur, pour une durée indéterminée. Immobile comme elle paraissait l’avoir toujours été.
Nulle ondée ne troublait ce jour-là son reflet dans l’eau et n’a jamais plus troublé son reflet dans ma mémoire. Le miroir est intact, et elle attend. Depuis ce jour, à l’abri dans mon imaginaire, elle attend. Patiemment et tranquillement. Majestueusement et Monstrueusement.
Elle s’est échappée quelques fois, par le passage secret de mes mains, furtive aquarelle échouée sur un bout de papier, peinture décharnée avec acharnement au coin d’une toile, enchevêtrement de chutes de fils de fer, telle une mâchoire gluante, l’épine dorsale stagnante d’un caïman qui s’ennuie et a besoin de voir le monde.
Elle est toujours revenue. Ma mémoire est devenue son oasis comme elle est devenue le mien.
Elle continue d’attendre.
Attendre que tout parte à vau l’eau ou que quelqu’un finisse par se décider à jeter le caillou qui brisera le miroir le temps d’un instant, dans un plouf magistral permettant que, peut-être, il se passe enfin quelque chose.
Avant que tout reprenne son cours normal, lisse, impénétrable et horizontal.
Jusqu’à nouvel ordre.

Manon DESMETS 18/03/2020

Je voyais la pluie ruisseler sur la mangrove telle une aquarelle, quand un rayon de soleil spitant vint éclabousser un groupe de palmiers, tel un oasis fluide après l’ondée. Je plongeais « Plouf », habits et chaussures partant à vau l’eau, laissant la vase les engloutir.

Cécile DUCHENE 18/03/2020

OH qu’il est doux se sentir ruisseler, de devenir une puissante mangrove, riche et vivante. L’énergie est fluide et chaude, comme une ondée d’été. Je deviens ma propre oasis. Mon âme spitante est prête à engloutir ce monde qui part à vau l’eau, puis à le recracher, plouf ! rendu à son humanité… Et nous voyons alors ce monde prendre forme : l’avarice, l’orgueil, la méchanceté disparaissent, les couleurs se délitent, s’adoucissent, prennent la transparence de l’aquarelle, en suspension dans mon milieu aqueux. Maintenant, je peux apercevoir au loin la lune, au-delà de ma frondaison.

Lisa-Flor SINTOMER 17/03/2020

Auberbabel 17/03/2020

Semaine de la francophonie

Même fermée au public, la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers vous invite à jouer avec la langue française.

Inventez quelques phrases avec les dix mots suivants (et tous ceux que vous voulez !) :

Plouf  Engloutir  A vau l’eau  Ondée Spittant(e)  Ruisseler   Mangrove Fluide  Aquarelle    Oasis   

Ecrivez une histoire, un poème, … avec ou sans l’aide de notre dictionnaire imagé, inspiré du site du Ministère de la Culture.

Vos textes seront publiés sur la page Facebook et le site Internet de l’association. L’imagination continue de nous faire voyager !

Femmes de Méditerranée à la Salle Renaudie d’Aubervilliers

7 mars 2020 à 19 h

La Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers a invité, en écho à la journée internationale du droit des femmes, quatre groupes à se produire sur la scène de Renaudie.

En ouverture, Margarita et Nathalie, danseuses de l’association albertivillarienne El Hogar Extremeno nous ont notamment fait découvrir deux Sévillanes (danse d’Estramédure, au sud-ouest de l’Espagne), l’une en couple et la seconde en solo avec « Manton » (Châle) avant de danser un tango de Triana. Si vous souhaitez vous y initier, rejoignez-les ! Il vous suffit de les contacter au 194 boulevard Félix Faure – 93 300 Aubervilliers, par téléphone au 06 37 91 68 52 ou par courriel : MJgonbar@gmail.com . L’association propose depuis 50 ans : flamenco, guitare, peinture, sevillanas, samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 22 h.

Puis le groupe Hayea nous a fait découvrir la musique séfarade. Si vous l’avez manqué (ou voulez le ré-entendre !), rendez-vous sur leur page https://fr-fr.facebook.com/hayea.music/

Groupe HAYEA Salle Renaudie 7 mars 2020, invité par la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers

La Compagnie Errance a clos cette première partie en nous enrichissant de chants italiens. Elle a d’autres talents que vous découvrirez sur son site : https://fr-fr.facebook.com/hayea.music/

Compagnie Errance Salle Renaudie 7 mars 2020, invitée par la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers

Sissi IMAZITEN et ses deux musiciens ont ensuite fait revivre des chants ancestraux de femmes kabyles, au son du bendir et de la flûte

Sissi IMAZITEN et ses musiciens Salle Renaudie 7 mars 2020, invités par la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers

Pour clore cette soirée, le public était invité à partager un buffet.

Salle Renaudie 7 mars 2020 « Femmes de Méditerranée » proposé par la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers

L’équipe de la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers remercie la Municipalité et l’équipe de la Salle Renaudie de l’avoir accueillie pour cette soirée.

Ateliers-concert participatifs Cycle Larmes et baisers

Régulièrement la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers accueille des ateliers-concert participatifs, proposés par le Duo I PEREGRINI.

Alice FAGARD, mezzo-soprano et Adrien ALIX , viole de gambe, interprètent et échangent avec le public autour d’œuvres où l’amour… s’écoute.

Monteverdi, le poète Giambattista Marino, … nous susurrent à l’oreille. Les interprètent nous guident pour mieux les entendre.

Si vous êtes intéressé.e.s, envoyez-nous vos coordonnées par mail et vous serez informé.e.s de la date du prochain atelier !

mlcaubervilliers@gmail.com

Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers – 43 rue des Postes. Métro Quatre Chemins Aubervilliers-Pantin ligne 7

Fête des Langues 22-2-2020

Fête des Langues à l’Embarcadère – Aubervilliers le 22 février 2020
http://albertivi.aubervilliers.fr/la-dixieme-edition-de-la-fete-des-langues/

Aubervilliers a célébré la Journée Internationale de la langue maternelle, durant laquelle associations, habitants et services municipaux ont proposé de découvrir quelques-unes des langues parlées à Aubervilliers : arabe, bengali, coréen, espagnol, français, italien, khassonké, mandarin, peul, quechua, roumain, serbo-croate, soninké, swahili, tamazight (berbère), tamoul , …

Lors de cette après-midi festive et familiale, les plus jeunes ont participé à des ateliers jeux, chants, théâtre, lectures. Plusieurs équipes ont relevé le défi de retrouver, lors d’une chasse au trésor, la partie égarée d’un guide multilingue. Grâce aux stands visités, ils ont découvert plusieurs alphabets et pu gagner un lot. Bravo aux enfants pour avoir joué le jeu et aux adultes pour leur avoir montré le chemin… de la langue.

Equipe bleue sur la piste des langues

Des enfants ont été accueillis par les centres de loisirs maternels pour créer puis emporter des objets décorés ; d’autres ont réalisé une grande fresque peinte, grâce à l’atelier de Pinto Pixu pour la Maison des Langues.

Enfants en pleine création collective d’une fresque peinte (initiée par Pinto Pixu pour la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers)
La Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers, co-organisatrice de cette journée et chargée de l’accueil du public, remercie ses bénévoles pour cette journée de rencontres autour des langues